La caféine n’induit pas de fibrillation auriculaire… et aurait même une action positive

Un groupe de chercheurs chinois vient de réaliser une grande méta-analyse sur les effets dose-réponse de la caféine sur la fibrillation auriculaire.

En raison des propriétés stimulantes de la caféine, le risque de fibrillation artérielle a été évoqué. Toutefois, le lien entre l’apport habituel de caféine et l’incidence de la fibrillation auriculaire (FA) était encore peu étudié. Une équipe de l’Université de Pékin a mené une méta-analyse pour examiner le lien entre l’exposition chronique à la caféine et le risque de FA et pour évaluer la relation dose-effet potentielle.

Les auteurs se sont basés sur toutes les études de cohorte prospectives disponibles jusqu’à novembre 2013.

Ils ont retenu pour leur analyse 6 études de cohorte prospectives comportant 228 465 participants. Dans la méta-analyse générale, l’exposition à la caféine était faiblement associée à la réduction du risque de FA (RR : 0,90; IC 95 % : 0,81-1,01). Dans les analyses en sous-groupes, les résultats des études dont les données avaient été ajustées pour les facteurs de confusion potentiels montraient une réduction du risque de FA de 11 % pour la consommation de caféine à faibles doses (1-3 tasses/j) (RR : 0,89 ; IC 95 % : 0,80-0,99) et de 16 % pour la consommation de caféine à doses élevées (plus de 4 tasses/j) (RR : 0,84; IC 95 % : 0,75-0,94). Une relation inverse a été observée entre l’apport habituel de caféine et le risque de FA (P pour la tendance globale = 0,015) dans la méta-analyse dose-effet. L’incidence de la FA diminuait de 6 % (RR : 0,94; IC 95 %, 0,90-0,99) à chaque augmentation de 300 mg/j de l’apport habituel de caféine.

Il est donc peu probable que la consommation de caféine cause ou contribuer à la survenue d’une FA. La consommation habituelle de caféine pourrait même réduire le risque de FA.

Pour en savoir plus :
Cheng M, Hu Z, Lu X et al. Caffeine intake and atrial fibrillation incidence: dose response meta-analysis of prospective cohort studies. Can J Cardiol 2014 ; 30 : 448-54.

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