Consommation quotidienne de café et espérance de vie

De nombreux articles sont parus récemment sur l’association entre consommation de café et la mortalité due à diverses causes. Elles ont fait l’objet de deux méta-analyses, d’une revue et d’un article qui tente d’expliquer ce phénomène.

La première méta-analyse est une analyse détaillée de différentes sous-populations, car les facteurs de risque varient en fonction de l’âge, de l’obésité ou du style de vie. Cette analyse inclut 40 études, soit 3 852 651 sujets et 450 256 décès. Les auteurs ont observé des associations inverses non linéaires pour la mortalité toutes causes, liée aux maladies cardiovasculaires (MCV) ou au cancer. La baisse de risque relatif (RR) la plus élevée est observée avec 3,5 tasses de café/jour pour la mortalité toutes causes (- 15 %), 2,5 tasses/jour pour la mortalité liée aux MCV (- 17 %) et 2 tasses/jour pour la mortalité par cancer (- 4 %). Une consommation plus élevée ne diminue pas davantage la mortalité. L’association inverse entre la consommation de café et la mortalité toutes causes ne dépend pas de l’âge, du statut pondéral, de la consommation d’alcool ou de tabac ou de la teneur en caféine du café. L’association inverse est plus solide en Europe et en Asie qu’aux États-Unis. Les auteurs ont également observé une association inverse non linéaire entre la mortalité due aux maladies respiratoires et au diabète, et une association linéaire inverse pour la mortalité due aux causes non-MCV et non-cancer. Enfin, une consommation de café modérée (2-4 tasses/jour) est associée à une réduction de la mortalité générale ou spécifique comparée à l’absence de consommation. L’association inverse entre le café et la mortalité toutes causes n’est affectée par aucun facteur sauf l’origine géographique.

 

Une seconde méta-analyse (2) s’est surtout intéressée à la relation entre la consommation de café normal ou décaféiné et la mortalité toutes causes. Les auteurs ont inclus 21 études de cohorte, soit 10 103 115 participants et 240 303 cas de décès. Ils ont également observé une association inverse non linéaire entre la consommation de café et la mortalité toutes causes. Comparée à une consommation de café nulle ou rare, la consommation de 3 tasses/jour réduirait le risque relatif de mortalité de 13 % et la relation est similaire pour le café normal et le café décaféiné.

 

Une troisième analyse globale (3) a regroupé huit études de cohorte japonaises du Japan Cohort Consortium et s’est intéressée aux différences hommes-femmes. Cette étude a inclus 144 750 hommes et 168 631 femmes. Sur un suivi de 17 ans, il y a eu 52 943 décès (19 495 par cancer, 7 321 par MCV, 6 387 cérébrovasculaires, 3 490 dus à des maladies respiratoires et 3 382 à des blessures et accidents). Dans les deux sexes, la consommation de café jusqu’à 5 tasses/jour est protectrice pour la mortalité toutes causes bien que l’association s’atténue dans la catégorie la plus élevée de consommation de café (≥ 5 tasses/jour). Chez les hommes, une association inverse a été observée pour toutes les causes majeures de mortalité sauf pour le cancer. Chez les femmes, la consommation de café réduit la mortalité pour les MCV dans la catégorie 1-2 tasses/jour, mais le risque s’accroît dans la catégorie ≥ 5 tasses/jour. La consommation de café n’influe pas sur le risque de décès par cancer. Les résultats obtenus sont similaires chez les hommes fumeurs au moment de l’étude et les femmes n’ayant jamais fumé. Les auteurs concluent que la consommation de moins de 5 tasses de café/jour peut être bénéfique pour réduire la mortalité due aux causes courantes.

 

Enfin, une étude prospective (4), sur une population limitée de 1 920 sujets âgés de plus de 40 ans, a émis l’hypothèse que la réduction de la mortalité serait liée à une baisse du rythme cardiaque au repos. Durant les 15 ans de suivi, 343 participants sont décédés (102 par cancer, 48 par MCV et 44 de maladies infectieuses). Une analyse multivariée a montré qu’une consommation élevée de café était inversement associée au rythme cardiaque de repos et les auteurs ont également retrouvé un taux de mortalité réduit dans le groupe des gros consommateurs par rapport aux faibles consommateurs. Cette étude semble montrer qu’une consommation élevée de café réduit la mortalité toutes causes par le biais de la réduction du rythme cardiaque de repos, mais elle reste préliminaire.

 

Pour en savoir plus :

  1. Kim Y, Je Y, Giovannucci E. Coffee consumption and all-cause and cause-specific mortality: a meta-analysis by potential modifiers. Eur J Epidemiol 2019 ; [Epub ahead of print].
  2. Li Q, Liu Y, Sun X et al. Caffeinated and decaffeinated coffee consumption and risk of all-cause mortality: a dose-response meta-analysis of cohort studies. J Hum Nutr Diet 2019 ; 32 : 279-87.
  3. Abe SK, Saito E, Sawada N et al. Coffee consumption and mortality in Japanese men and women: A pooled analysis of eight population-based cohort studies in Japan (Japan Cohort Consortium). Prev Med 2019 ; 123 : 270-7.
  4. Nohara-Shitama Y, Adachi H, Enomoto M et al. Habitual coffee intake reduces all-cause mortality by decreasing heart rate. Heart Vessels. 2019 ; [Epub ahead of print].

 

Partagez: