La consommation de café réduit ou n’affecte pas le risque de cancer dans divers organes

Quatre méta-analyses récentes ont revu le lien entre consommation de café et risque de cancer dans divers organes. Le café s’avère protecteur dans le cancer du foie, du côlon et de la cavité orale et n’affecte pas le risque de cancer de l’ovaire ou du rectum.

 

Une équipe japonaise a réalisé une méta-analyse sur l’association entre café et cancer du foie (1) incluant six études réalisées sur des cohortes japonaises impliquant 195 356 participants et 881 cas de cancer. Le risque relatif poolé est de 0,50 (intervalle de confiance 95 % (IC 95 %) : 0,38-0,66) pour la consommation de café par rapport à une consommation nulle ou très faible. Cette méta-analyse confirme au Japon les propriétés protectrices du café dans le cancer du foie démontrées dans les populations européennes et américaines (1).

 

Une autre méta-analyse s’est intéressée à l’association entre café et cancer de la cavité orale (2) sur la base de quatorze études cas-contrôles et cinq études de cohorte incluant 6 454 cas de cancer. Pour une consommation de café élevée comparée à faible, le risque relatif est réduit de 32 % (IC 95 % : 0,56-0,82). De plus, une consommation de café intermédiaire permet une diminution de 15 % du risque de cancer de la cavité orale (IC 95 % : 0,77-0,94), surtout observée dans les études cas-contrôle, mais pas dans les études de cohorte. Il apparaît donc que le café même consommé modérément diminue le risque de cancer de la cavité orale.

 

Une troisième revue systématique et méta-analyse a étudié l’association entre café et cancer colorectal (3) sur la base de 26 études de cohorte prospectives (onze européennes, sept asiatiques et sept américaines) incluant 3 308 028 participants. La consommation de café diminue le risque de cancer du côlon de 9 % chez les hommes et femmes combinés (RR : 0,91 ; IC 95 % : 0,83-1,00) et de 6 % chez les hommes seuls (RR : 0,94 ; IC 95 % : 0,89-0,99). Si on prend en compte l’ethnie, l’effet protecteur est retrouvé chez les hommes européens et les femmes asiatiques. Par contre, le café n’est pas associé à une réduction de risque de cancer du rectum.

 

Enfin une quatrième revue systématique et méta-analyse a considéré l’association entre la consommation de café et le risque de cancer de l’ovaire (4) sur la base de 22 études cas-contrôles incluant 40 140 participants et 8 568 cas de cancer de l’ovaire, d’au moins 17 ans. Aucune association significative n’a été observée entre la consommation totale de café et le risque de cancer ovarien (OR = 1,09 ; IC 95 % : 0,94-1,26). Les auteurs n’ont pas non plus observé d’association entre la consommation totale de caféine et le risque de cancer ovarien (OR = 0,89 ; IC 95 % : 0,55-1,45) ni avec celle de café caféiné (OR = 1,05 ; IC 95 % : 0,87-1,28) alors qu’il existe une relation inverse entre café décaféiné et risque de cancer de l’ovaire (OR = 0,72 ; IC 95 % : 0.58-0.90). Ainsi la consommation de café ne présente aucun risque pour le cancer de l’ovaire et celle de café décaféiné pourrait même s’avérer protectrice.

 

Pour en savoir plus :

  1. Tamura T, Hishida A, Wakai K. Coffee consumption and liver cancer risk in Japan: a meta-analysis of six prospective cohort studies. Nagoya J Med Sci 2019 ; 81 : 143-50.
  2. He T, Guo X, Li X et al. Association between coffee intake and the risk of oral cavity cancer: a meta-analysis of observational studies. Eur J Cancer Prev 2019 ; [Epub ahead of print].
  3. Sartini M, Bragazzi NL, Spagnolo AM et al. Coffee consumption and risk of colorectal cancer: a systematic review and meta-analysis of prospective studies. Nutrients 2019 ; 11 : 694.
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