La consommation quotidienne de café a des effets bénéfiques sur les maladies inflammatoires du foie

Une revue récente s’est focalisée sur le rôle préventif et thérapeutique du café et de la caféine dans les maladies hépatiques inflammatoires chroniques. Un autre article s’est intéressé aux biomarqueurs du café et leur rôle dans les maladies du foie.

 

La revue publiée récemment par un groupe italien (1) s’est focalisée sur les effets protecteurs du café dans diverses maladies métaboliques hépatiques et certains types de cancer du foie. L’objectif était d’identifier de possibles actions préventives et/ou thérapeutiques du café sur la fonction hépatique.

Les mécanismes protecteurs du café sont variés en raison de la grande diversité de constituants du café qui, en plus de la caféine, possèdent des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes. Les auteurs ont montré que les polyphénols du café normal et du café décaféiné ont un effet similaire sur la fibrose du foie et les concentrations sériques d’enzymes hépatiques. De plus, les diterpènes (kahwéol et cafestol) pourraient exercer une action détoxifiante et avoir une activité antioxydante, se traduisant par des bénéfices sur la fibrose hépatique, la cirrhose et le cancer du foie.

Les auteurs concluent qu’une consommation régulière de café pourrait avoir des effets bénéfiques et préventifs sur la santé du foie, particulièrement s’il est consommé sans sucre ajouté. Dans tous les cas, la consommation de café ne devrait pas être interdite, mais plutôt encouragée chez les sujets qui ont des maladies inflammatoires chroniques du foie, incluant un carcinome hépatocellulaire.

 

Sur la base des effets bénéfiques de la consommation de café sur le foie, un autre travail mené par un groupe américain (2) a mesuré les métabolites du sérum dans une étude cas-contrôle de 221 cas de cancer du foie et 242 cas témoins issus de la cohorte ATBC (29 133 sujets). Cette étude prospective a inclus le recueil du sérum des sujets dès le début de l’étude et jusqu’à 27 ans avant le diagnostic de cancer du foie ou de décès par maladie hépatique.

Les auteurs ont trouvé 21 métabolites associés à la consommation de café dont 9 y compris la trigonelline, un biomarqueur connu du café, ont pu être identifiés. La tyrosine et deux acides biliaires, l’acide glycochenodésoxycholique (GCDCA) et l’acide glycocholique (GCA), étaient inversement associés à la consommation de café, mais positivement associés au cancer du foie et aux maladies fatales du foie ; les odds ratios (ORs) variaient de 3,93 (IC 95 % = 2,00-7,74) pour la tyrosine à 4,95 (IC 95 %  = 2,64-9,29) pour le GCA et de 4,00 (IC 95 % = 2,42-6,62) for GCA to 6,77 (IC 95 % = 3,62-12,65) for GCDCA respectivement pour le cancer du foie et les maladies fatales du foie. Les perturbations du métabolisme des acides aminés, et en particulier des taux élevés d’acides aminés aromatiques comme la tyrosine, ont été impliquées dans la pathogenèse des maladies chroniques du foie. De même certains acides biliaires provoquent des dommages sur l’ADN et sont promoteurs de la croissance des tumeurs hépatiques.

Les 6 métabolites restants et la trigonelline étaient positivement associés à la consommation de café, mais négativement associés aux deux pathologies hépatiques ; les ORs variaient de 0,16 à 0,37. Les associations persistent après des ajustements de régime alimentaire et pour des diagnostics effectués plus de 10 ans après la collection des échantillons sanguins.

En conclusion, il apparaît qu’une grande variété de métabolites est associée à la consommation de café, à l’incidence du cancer du foie et au décès par maladie hépatique sur les 27 ans de suivi. Ces associations apportent de nouvelles perspectives dans l’étiologie des maladies hépatiques et du cancer du foie et sont en faveur d’un effet hépatoprotecteur du café.

 

Références

  1. Contaldo F, Santarpia L, Pasanisi F. Chronic inflammatory liver diseases and coffee intake. Curr Opin Clin Nutr Metab Care 2019 Jun 18.
  2. Loftfield E, Rothwell JA, Sinha R et al. Prospective investigation of serum metabolites, coffee drinking, liver cancer incidence, and liver disease mortality. J Natl Cancer Inst 2019 Jun 5.
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