Consommation de café et prévention des maladies hépatiques

Ce groupe de trois articles sur les maladies hépatiques a confirmé le rôle du café comme nutriment permettant la prévention de ces maladies. Il a également montré que la dose quotidienne ingérée doit être suffisante pour obtenir ces effets et que l’acide chlorogénique, antioxydant majeur du café, pouvait induire des pertes de poids possiblement liées à une modification du microbiote intestinal.

Le cancer primitif du foie est la troisième cause mondiale de mortalité liée au cancer. La plupart des patients sont diagnostiqués à des stades avancés au pronostic peu favorable. Ainsi, l’identification de facteurs de risque modifiables pour la prévention primaire du cancer du foie s’avère nécessaire. Les facteurs de risque de cancer du foie bien établis incluent l’infection chronique par le virus de l’hépatite B (HBV) ou C (HCV), la consommation élevée d’alcool, les maladies métaboliques comme l’obésité et le diabète, et l’exposition à l’aflatoxine. Cependant, une large proportion des cas de cancer peine à être expliquée par des facteurs de risque connus. L’importance de l’alimentation a été suspectée, mais son rôle est peu compris. Une revue chinoise (1) a synthétisé les études observationnelles incluant les nutriments, les régimes et tendances alimentaires en relation avec le risque de développer un cancer du foie. L’analyse des résultats montre que l’exposition à l’aflatoxine ainsi que la consommation élevée d’alcool et peut-être de produits laitiers (sauf le yaourt) augmenteraient le risque de cancer du foie. En revanche, la consommation de café, de thé et de poisson ainsi qu’une consommation faible à modérée d’alcool et des habitudes alimentaires saines pourraient réduire le risque de cancer du foie.

Le second article (2) s’est intéressé à l’association entre la consommation d’alcool, de tabac et de café et la santé du foie chez des individus souffrant d’hépatite B chronique. Cette étude observationnelle a inclus 1330 patients adultes non traités recrutés sur 21 sites aux États-Unis et au Canada. L’échantillon était composé de 53 % d’hommes, 71 % d’Asiatiques et l’âge médian était de 42 ans (34-52 ans). Les résultats obtenus indiquent que la consommation de café n’affecterait pas l’évolution de l’hépatite B et de ses marqueurs. En revanche, des études précédentes suggèrent qu’une consommation élevée de café (>3 tasses/jour) serait inversement associée à la progression de l’hépatite C et de ses conséquences, la fibrose ou la cirrhose. Dans la cohorte étudiée ici, seulement 7 % des participants consommaient au moins 3 tasses de café/jour ce qui pourrait en partie expliquer l’absence d’association du café avec les facteurs inflammatoires ou viraux de l’hépatite B. Il reste alors nécessaire de clarifier dans le futur si l’absence d’effets du café dans cette pathologie est liée ou non à la faible dose de café ingérée dans cette étude.

L’objectif du troisième article (3) était de déterminer les effets de la supplémentation en caféine et en acide chlorogénique, l’antioxydant majeur du café, sur le microbiote intestinal et sur les perturbations métaboliques chez les patients atteints de la maladie du foie gras d’origine non alcoolique (NAFLD) et de diabète. Dans cet essai clinique randomisé, contrôlé par placebo, 26 patients atteints de diabète et de NAFLD ont été subdivisés en 4 groupes et ont reçu soit 200 mg de caféine plus 200 mg d’acide chlorogénique (CFCA), soit 200 mg de caféine plus 200 mg de placebo (amidon) (CFPL), soit 200 mg d’acide chlorogénique plus 200 mg de placebo (CAPL), soit 200 mg de placebo plus 200 mg de placebo (PLPL) pendant 12 semaines. Après 3 mois de supplémentation, les patients du groupe CFCA ont montré la baisse significative la plus marquée de leur poids corporel (groupe CFCA : – 3.69 kg ; groupe CFPL = – 0,7 kg ; groupe CAPL = – 0,43 kg ; groupe PLPL = 0,26 kg) (p=0.004). Bien que le nombre de bifidobactéries intestinales soit augmenté dans le groupe CFCA, la différence mesurée n’était pas significative après analyse statistique. En conclusion, 12 semaines de consommation de 200 mg/jour de caféine et d’acide chlorogénique, les deux principaux constituants du café, réduit le poids corporel chez les patients NAFLD et diabétiques. Cet effet pourrait être, en partie du moins, le reflet de l’augmentation de la population de bifidobactéries intestinales.

 

Pour en savoir plus :

  1. Yang WS, Zeng XF, Liu ZN, et al. Diet and Liver Cancer Risk: A Narrative Review of Epidemiological Evidence. Br J Nutr 2020 ; 1-11.
  2. Brahmania M, Liu S, Wahed AS et al. Hepatitis B Research Network. Alcohol, tobacco and coffee consumption and liver disease severity among individuals with chronic hepatitis B infection in North America. Ann Hepatol 2020 ; S1665-2681 (20) 30009-0.
  3. Mansour A, Mohajeri-Tehrani MR, Karimi S, et al. Short Term Effects of Coffee Components Consumption on Gut Microbiota in Patients With Non-Alcoholic Fatty Liver and Diabetes: A Pilot Randomized Placebo-Controlled, Clinical Trial. EXCLI J 2020 ; 19 : 241-50.
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