Microbiote : du café en prévention ?

La consommation de café a été régulièrement associée à la prévention de diverses pathologies non-transmissibles. L’impact du café sur la santé a été attribué à sa richesse en antioxydants et en minéraux et pourrait en partie dépendre de son effet sur le microbiote. C’est cet aspect qui a été exploré ici.

La consommation de café a été régulièrement associée à la prévention de diverses pathologies non héréditaires. L’impact du café sur la santé a été attribué à sa richesse en antioxydants et en minéraux et l’hypothèse est que l’effet du café sur la santé pourrait en partie être liée à l’action de certains de ses constituants sur le microbiote. Sur cette base, l’objectif de ce travail espagnol a été l’étude de l’interaction entre le microbiote intestinal, les acides gras fécaux à courte chaîne et les paramètres de santé dans une population de 147 sujets âgés de 19 à 95 ans, en bonne santé en fonction de leur consommation de café. L’objectif principal était d’approfondir l’association entre le contenu en polyphénols et en alcaloïdes du breuvage et la composition du microbiote. La prise alimentaire quotidienne a été estimée par un questionnaire annuel. Les auteurs ont constitué trois groupes en fonction de leur consommation de café : les non-consommateurs (0-3 ml/j), les consommateurs modérés (3-45 ml/j) et les consommateurs élevés (45-500 ml/j). Les auteurs ont observé un taux élevé de Bacteroides-Prevotella-Porphyromonas ainsi que de Bifidobacteria chez les grands consommateurs de café dont les taux de peroxydation étaient réduits. Deux groupes de polyphénols dérivés du café, les méthoxyphénols (guaiacol) et les alkylphénols (catéchols) ainsi que la caféine étaient directement associés aux taux intestinaux du groupe Bacteroides. Les données de cet échantillon montrent une association entre les modifications de certains groupes de bactéries intestinales et la teneur en polyphénols et en caféine du café. Toutefois l’échantillon reste de petite taille, hétérogène en âge. De plus, la consommation de café est plutôt limitée dans ce groupe et nécessite des études complémentaires.

Référence

González S, Salazar N, Ruiz-Saavedra S et al. Long-Term Coffee Consumption is Associated with Fecal Microbial Composition in Humans. Nutrients 2020 ; 12 : 1287.

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