Cancer colorectal et du poumon : du nouveau pour le café !

Les propriétés anticancéreuses du café sont bien reconnues maintenant. Dans cette newsletter, deux aspects moins étudiés sont abordés. D’une part le rôle du café dans le cancer colorectal avancé et métastasé et le cancer du poumon dans lequel le rôle du café a été longtemps l’objet de discussions. Enfin une revue très récente s’est intéressée aux propriétés anticancéreuses du café.

Café et cancer colorectal à un stade avancé

Des études antérieures ont montré le rôle protecteur du café vis-à-vis du risque de développer un cancer colorectal, de sa récurrence et de la mortalité liée à ce cancer. Par contre, on possède peu d’information sur l’association entre la consommation de café et la survie des patients souffrant d’un cancer colorectal avancé ou métastasé.

Une équipe américaine (1) a réalisé une étude de cohorte prospective observationnelle incluant 1 171 patients souffrant d’un cancer colorectal avancé localement ou métastasé qui n’avaient pas été traités et appartenaient à la cohorte « Cancer and Leukemia Group B (Alliance)/SWOG 80405« . Patients ont répondu à un food frequency questionnaire nutritionnel semi-quantitative à l’entrée dans l’étude. Les données ont été collectées entre fin octobre 2005 et mi-janvier 2018. La consommation totale de café, caféiné ou décaféiné, a été estimée en tasses/jour.

Parmi les 1 171 patients inclus dans l’analyse, 694 étaient des hommes d’un âge médian de 59 ans. La durée médiane de suivi était de 5,4 ans. Un total de 1 092 patients (93 %) sont morts ou ont vu une progression de leur maladie. L’augmentation de la consommation de café était associée à un risque réduit aussi bien de la progression de la maladie, avec une diminution de 5 % par tasse additionnelle de café que de la mortalité, avec une diminution de 7 % par tasse additionnelle. Les participants qui consommaient 2-3 tasses de café/jour augmentaient leur survie de 18 % (IC 95 % = 0,67-1,00) et leur survie sans progression de la maladie de 18 % (IC 95 % = 0,68-0,99), par rapport aux non-consommateurs. Chez les consommateurs d’au moins 4 tasses/jour, la survie augmentait de 36 % et la survie sans progression de 22 %. Ces associations significatives étaient retrouvées pour le café caféiné et décaféiné. Ainsi, la consommation de café s’avère bénéfique dans le cancer colorectal autant pour en diminuer le risque qu’en réduire la sévérité une fois qu’il est déclaré.

 

Cancer du poumon

Une autre étude a été consacrée au cancer du poumon qui est une cause majeure de décès dans le monde. Les études antérieures ont longtemps montré un lien potentiel entre la consommation de café et le cancer du poumon. Les études plus récentes font état d’une protection par le café vis-à-vis du risque de développer ce cancer et ont montré que les études plus anciennes avaient mal éliminé le facteur de confusion que représente le tabac.

Dans cette étude thaïlandaise (2) réalisée entre 1990 et 2001, 24 528 participants de la Khon Kaen Cohort Study (KKCS) suivis jusqu’en 2016 ont été suivis dans le Khon Kaen Population-based Cancer Registry. Un total de 12 668 participants éligibles (68,8 % de femmes, âge moyen 51,0 ans à l’entrée dans l’étude) avaient des données complètes et 138 cas incidents de cancer du poumon ont été observés et analysés.

La consommation de café était associée à un risque réduit de 46 % de cancer du poumon (HR = 0,54 ; IC 95 % : 0,35-0,84) après ajustement pour l’âge et le sexe. Le tabac (HR = 2,76 ; IC 95 % : 1,32-5,78) et l’histoire familiale de cancer (HR = 1,65 ; IC 95 % : 1,10-2,48) étaient associés à un risque accru. Cette étude étend à la population asiatique les données récentes sur l’effet protecteur du café dans le cancer du poumon observées sur d’autres populations.

 

Quels mécanismes ?

Différents composés du café possèdent des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et sont capables d’induire la mort des cellules cancéreuses. Ce sont en particulier la caféine qui intervient au niveau du cycle cellulaire, et des acides chlorogéniques et diterpènes (kahwéol et cafestol) qui luttent à différents niveaux contre les attaques sur l’ADN, l’oxydation cellulaire et l’inflammation. Une revue récente sur le sujet vient d’être publiée par un groupe italien (3).

 

Pour en savoir plus :

  1. Mackintosh C, Yuan C, Ou FS et al. Association of Coffee Intake With Survival in Patients With Advanced or Metastatic Colorectal Cancer. JAMA Oncol 2020 ; e203938.
  2. Kudwongsa W, Promthet S, Suwanrungruang K et al. Coffee Consumption and Lung Cancer Risk: A Prospective Cohort Study in Khon Kaen Thailand. Asian Pac J Cancer Prev 2020 ; 21 : 2367-71.
  3. Ismail T, Donati-Zeppa S, Akhtar S et al. Coffee in cancer chemoprevention: an updated review. Expert Opin Drug Metab Toxicol. 2020 Oct 19. Online ahead of print.
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