Cœur : un effet protecteur du café ?

Deux études se sont intéressées aux effets de la consommation de café sur les lipides sériques et la tension artérielle. Elles montrent une réduction de ces facteurs, y compris chez les individus obèses et souffrant d’hypercholestérolémie. Ces données permettent d’émettre l’hypothèse d’un effet protecteur du café sur le système cardiovasculaire.

Plusieurs études récentes ont noté que la consommation de café avait un effet positif sur l’apparition et la progression des maladies cardiovasculaires. En revanche, nous avons peu de données sur les effets des cafés de différentes origines, ce qui a poussé les auteurs de cette étude éthiopienne à tester les effets du café arabica éthiopien sur les maladies cardiovasculaires chez des sujets non diabétiques vivant à Addis-Abeba (1). L’étude cas-croisés a été réalisée sur 70 individus dont la moitié était des consommateurs de café (16 hommes ; 19 femmes) et les 35 autres des non-consommateurs (15 hommes ; 20 femmes). Le résultat principal de cette étude était que la consommation d’arabica d’origine éthiopienne augmentait nettement la concentration des acides gras libres du sérum et des lipoprotéines de haute densité (HDL) tout en diminuant celle des triacylglycérides (TAGs) sans conséquence sur le cholestérol total et les lipoprotéines (LDL). L’amplitude de l’effet est similaire dans les deux sexes. Ainsi, la consommation d’arabica éthiopien peut affecter significativement la concentration de la plupart des lipides sériques ce qui pourrait refléter son effet protecteur sur le risque cardiovasculaire. Toutefois davantage d’études sur des échantillons de population plus importants et sur des cafés d’autres origines restent nécessaires.

Une autre étude réalisée par un groupe espagnol (2) a exploré les effets anti-obésité du café et leurs relations potentielles avec les perturbations cardiovasculaires chez des patients atteints d’hypercholestérolémie. Ces chercheurs ont observé que le poids corporel, le tour de taille, le rapport tour de taille/tour de hanche et tour de taille/hauteur montraient une nette interaction avec le café et tendaient à diminuer chez les individus atteints d’hypercholestérolémie. Les valeurs de tension systolique et diastolique étaient également diminuées par le café. La consommation régulière de café semble donc réguler le poids corporel et, en cas d’hypercholestérolémie, pourrait réduire la pression artérielle et le degré d’adiposité abdominale.

Ainsi ces deux études montrent que le café peut agir en amont de la maladie en régulant les taux de cholestérol, la tension artérielle et le degré d’adiposité abdominale, tous facteurs de risque de maladies cardiovasculaires.

Pour en savoir plus :

  1. Gebeyehu GM, Feleke DG, Molla MD et al. Effect of habitual consumption of Ethiopian Arabica coffee on the risk of cardiovascular diseases among non-diabetic healthy adults. Heliyon 2020 ; 6 : e04886.
  2. Sarriá B, Sierra-Cinos JL, García-Diz L et al. Green/Roasted Coffee May Reduce Cardiovascular Risk in Hypercholesterolemic Subjects by Decreasing Body Weight, Abdominal Adiposity and Blood Pressure. Foods 2020 ; 9 : E1191.
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